Jeu de rôle photographe et modèle : comment le jouer à deux
« Tourne légèrement la tête. Non, l’autre côté. Voilà. » Un shooting commence presque toujours par des consignes de détail, et c’est ce qui fait la force du jeu de rôle photographe et modèle : tout passe par le regard et par la direction. Une fenêtre, un drap, une lampe, et chez vous la lumière d’un studio se fabrique en dix minutes.
Cette fiche contient les deux rôles, le décor, trois niveaux d’intensité, des répliques, des rebondissements secrets et des questions pour en parler une fois l’appareil posé. Prenez ce qui vous plaît.
Un jeu de rôle se joue entre adultes qui en ont envie tous les deux. Mettez-vous d’accord sur l’intensité, sur ce qui arrive aux photos, et sur un mot pour sortir du jeu.
Pas sûr·e que votre partenaire ait envie de ce scénario ? Répondez chacun·e en privé avec l’app Yes · No · Maybe : seuls les scénarios qui vous tentent tous les deux apparaissent.
Pourquoi ce scénario fonctionne
Être regardé·e longuement, avec attention, sans devoir répondre à quoi que ce soit : c’est un plaisir rare, et ce scénario le met au centre. Le ou la modèle n’a rien d’autre à faire que se laisser regarder, le ou la photographe n’a rien d’autre à faire que regarder. Cette simplicité apaise celles et ceux qui redoutent les scénarios trop bavards.
L’appareil crée aussi une distance qui rend l’audace plus facile. Derrière un objectif, on ose demander une pose, un regard, une épaule dégagée, ce qu’on n’oserait pas dire sans filtre. Et le rythme est naturel : une série, on regarde, on ajuste, on recommence, chaque pause relance la tension.
Les deux rôles
Appelons-les A et B. Qui joue quoi reste un choix de couple, et vous pouvez inverser à la fin.
- A, le ou la photographe : obtenir des images de plus en plus audacieuses, en dirigeant le ou la modèle.
- B, le ou la modèle : rester maître·sse de son image, et faire perdre son sang-froid au ou à la photographe.
Ce rapport est moins évident qu’il n’y paraît. A dirige, mais B décide de ce qu’il ou elle donne, et c’est cette retenue qui entretient le jeu. Un·e modèle qui accorde tout d’emblée fait retomber la scène, et un·e photographe qui perd la tête trop tôt aussi.
Le décor et les accessoires
Un mur clair, un drap tendu, une lampe orientée comme un projecteur. Côté accessoires :
- un appareil photo ou un téléphone ;
- plusieurs tenues, de la plus sage à la plus audacieuse ;
- un tabouret ou une chaise pour varier les poses.
Sur les photos : ne prenez de vraies images que si vous êtes d’accord tous les deux, et supprimez-les ensuite si l’un de vous le demande. Si vous préférez, faites semblant : un appareil vide ou un téléphone qui ne filme rien suffit à tenir la scène.
Trois niveaux d’intensité
Choisissez le niveau avant de commencer, et gardez en tête que vous pouvez en changer en cours de route.
Douce
Poses habillées, directions précises, « regarde l’objectif ». Le jeu repose sur le ton de la voix et sur l’attention portée à chaque détail : un col, une main, une mèche.
Joueuse
« Enlève ça. » Chaque série retire une couche. A s’approche pour arranger une mèche ou une bretelle, et le prétexte professionnel devient de plus en plus mince.
Intense
Le ou la photographe pose l’appareil et entre dans le cadre. Ce niveau n’a de sens que si vous avez tous les deux dit oui à ce type de jeu, et il se prépare : parlez-en avant, pas pendant.
Êtes-vous tous les deux partants ?
Ce scénario touche à quelque chose de sensible : le regard posé sur son propre corps. Dire « et si tu me photographiais ? » expose à un oui de politesse, ou à une gêne qu’on ne montre pas.
Avec Yes · No · Maybe, chacun·e répond en privé à chaque scénario : oui, non ou peut-être. L’app ne montre que ce qui vous tente tous les deux. Personne ne voit un non, personne n’a à se justifier, et un peut-être devient une invitation à en parler. Le pack Roleplay rassemble 45 scénarios de ce genre, que vous parcourez séparément avant de choisir celui du soir.
Choisissez vos scénarios chacun de votre côté
Le pack Roleplay de l’app Yes · No · Maybe (iPhone et Android) vous fait répondre en privé. Vous ne voyez que les scénarios sur lesquels vous êtes d’accord. Votre partenaire en profite sans rien acheter.
Le mot pour sortir du jeu
Avant la première prise, choisissez un mot ou une phrase qui arrête tout, pour de bon et sans discussion. Pour ce scénario : « Fin de la séance. » On pose l’appareil, et on regarde les photos ensemble, ou on les supprime.
Ce mot appartient aux deux. Celui ou celle qui le prononce n’a pas à expliquer pourquoi, et l’autre n’a pas à se sentir fautif·ve. Pour aller plus loin, lisez notre guide sur le mot de sécurité dans un jeu de rôle.
Pour se lancer : les répliques
Réplique d’ouverture (A) : « Mets-toi près de la fenêtre. La lumière est meilleure. Voilà, comme ça. »
Répliques de A, le ou la photographe
- « Ne souris pas. Regarde-moi comme si tu m’en voulais. »
- « Cette bretelle me gêne. »
- « Encore une. La dernière. Promis. »
Répliques de B, le ou la modèle
- « Tu veux que j’enlève quoi, exactement ? »
- « Montre-moi ce que tu as pris. »
- « À ton tour de poser. »
La phrase « la dernière, promis » peut revenir plusieurs fois dans la soirée. C’est le running gag du scénario, et il fonctionne mieux à chaque répétition.
Trois rebondissements secrets
Pour relancer la scène quand elle s’installe, chacun·e choisit un rebondissement sans le dire à l’autre :
- Les photos sont destinées à un magazine très particulier.
- B n’a jamais posé et ment sur son book.
- A est fou ou folle de B depuis le premier casting.
Pour faire monter la tension : B prend l’appareil des mains de A et le retourne vers lui ou elle.
Après la scène : en parler
Un bon jeu de rôle se prolonge par une conversation courte et douce, ni débriefing sérieux ni analyse. Trois questions suffisent :
- Être regardé·e à travers un objectif : excitant ou intimidant ?
- On garde des photos, ou pas du tout ?
- La pose qui vous a le plus plu, de chaque côté ?
Pour une idée de cadre, voyez après un jeu de rôle : débrief et retour au calme.
Pour rejouer autrement : inversez les rôles, ou faites un shooting « boudoir » complet, avec les tenues que l’autre a choisies.
Questions fréquentes
Faut-il vraiment prendre des photos ?
Non. L’appareil est un accessoire de jeu, et on peut parfaitement jouer sans rien enregistrer. Si vous prenez des photos, décidez ensemble avant ce que vous en faites.
Que faire si le ou la modèle se sent gêné·e ?
Le mot pour sortir du jeu existe pour ça. On peut aussi simplement changer de pose ou de niveau : la scène s’adapte à celui ou celle qui est devant l’objectif.
Faut-il une vraie lampe de studio ?
Pas du tout. Une lampe de bureau tournée vers un mur clair, une fenêtre au coucher du soleil ou la lampe d’un téléphone donnent déjà un effet de projecteur.